Au Bénin, le harcèlement sexuel, cette abomination qui empoisonne les sphères professionnelle et publique, fait l'objet d'une répression vigoureuse. La loi N°2021-11 du 20 décembre 2021, portant dispositions spéciales de répression des infractions commises en raison du sexe des personnes et de protection, tranche dans le vif avec une définition limpide et exhaustive.

Constitue harcèlement sexuel, selon l'article 550, le fait pour quiconque, de manière répétée, de proférer des menaces, d'imposer des contraintes, d'exercer des pressions ou d'user de paroles, gestes, écrits ou messages, afin d'obtenir de personnes en demande d'emploi ou de service public des faveurs de nature sexuelle, au profit de l'auteur ou d'un tiers, sans consentement de la victime.

Les sanctions, dissuasives et proportionnées, traduisent la volonté inflexible des autorités. L'auteur encourt de un à deux ans d'emprisonnement et une amende comprise entre 500.000 et 1.000.000 FCFA, ou l'une de ces peines. L'infraction revêt une gravité accrue lorsque perpétrée par un ascendant légitime, naturel ou adoptif, un enseignant ou formateur sur son apprenant, ou sur un mineur : la peine s'alourdit alors à trois à cinq ans de prison ferme et une amende de 1 000 000 à 5 000 000 FCFA. En cas de récidive, ces châtiments sont doublés.

Par surcroît, l'auteur et ses complices risquent l'interdiction d'exercer certains droits civiques ; la peine s'accompagne inévitablement d'une suspension à durée déterminée des fonctions au sein desquelles l'infraction a été commise, sans préjudice des sanctions disciplinaires et réparations civiles.

Au Bénin, cette loi ne tolère aucune transaction ni négociation : elle érige un rempart inébranlable contre l'arbitraire sexuel, protégeant dignité et égalité.

Ainsi, l'État affirme sa primauté éthique dans la lutte contre les violences genrées.

David DOLTAIRE
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