À compter de ce mercredi 21 janvier 2026, Washington met officiellement sous cloche l’instruction des demandes de visas d’immigration permanente en provenance de 75 pays, dont 26 États du continent africain hormis le Bénin. Cette décision, qui s’inscrit dans la refonte des règles migratoires voulue par le président Donald Trump, marque un tournant majeur dans l’accès au territoire américain pour des milliers de candidats à l’exil. 

Contrairement aux visas de court séjour, essentiellement touristiques ou d’affaires, cette suspension vise les visas dits « longs ». Ces titres ouvrent la voie au regroupement familial, à l’installation durable et, dans bien des cas, à l’accès au marché du travail américain. En interrompant ce flux légal, l’administration entend, selon ses termes, « repenser en profondeur » les modalités d’admission des nouveaux résidents permanents. 

Dans un communiqué daté du 7 janvier 2026, le Département d’État justifie cette mesure par le niveau jugé « inacceptable » des aides sociales perçues par certains ressortissants des pays ciblés, déjà établis aux États-Unis. Donald TRUMP réaffirme, dans cette logique, que les immigrants devront désormais être « financièrement autonomes » et ne plus « constituer une charge pour les Américains ». Au cœur de cette offensive se trouve une révision d’ampleur de l’Immigration and Nationality Act, texte fondateur encadrant l’octroi des visas d’immigration. 

Le site officiel du Département d’État précise que l’objectif est de s’assurer que « les immigrants issus de pays à haut risque ne bénéficient pas de l’aide sociale aux États-Unis ». Les critères d’éligibilité devraient ainsi se durcir : au-delà des capacités financières, l’âge, l’état de santé ou encore la vulnérabilité potentielle des demandeurs pourraient désormais peser lourdement dans l’examen des dossiers. Présentée comme temporaire, cette suspension apparaît pourtant, à la lecture des déclarations officielles, susceptible de s’inscrire dans la durée. Washington indique que le gel demeurera en vigueur tant que les autorités ne disposeront pas de garanties suffisantes quant au fait que les nouveaux arrivants ne « puisent pas dans les richesses du peuple américain ». Le Département d’État assure vouloir faire en sorte que « la générosité du peuple américain ne soit plus exploitée ». 

Donald TRUMP avait déjà donné le ton fin novembre 2025, annonçant sa volonté de « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde » afin de permettre au système américain de « se rétablir complètement ». Il évoquait alors la possibilité d’annuler « des millions » d’admissions accordées sous la présidence de Joe BIDEN. Depuis son retour au pouvoir, la mise en œuvre de ce durcissement s’est accélérée. 

Le 12 janvier 2026, le Département d’État a indiqué avoir révoqué plus de 100 000 visas. Un mois plus tôt, le ministère de la Sécurité intérieure faisait état de plus de 605 000 expulsions, tandis que 2,5 millions de personnes auraient quitté le territoire de leur propre initiative. 

Parmi les pays africains concernés par ce gel figurent notamment l’Algérie, le Cameroun, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Libéria, la Libye, le Maroc, le Nigeria, la République du Congo, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tanzanie, le Togo, la Tunisie et l’Ouganda. 

Pour ces États, dont beaucoup entretiennent des liens humains, économiques et universitaires étroits avec les États-Unis, cette nouvelle ère migratoire s’annonce lourde de conséquences, tant pour les familles déjà installées que pour les candidats à une vie nouvelle outre-Atlantique. 

Roger DEDOME
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